
Dans un monde sursaturé d’images, on a tendance à confondre le symbole avec le signe. Cette confusion nous pousse à croire qu’il suffirait de comprendre sur un plan mental une carte de Tarot pour en percer le sens. Pourtant, le Tarot de Marseille ne s’adresse pas d’abord au mental : il parle à l’âme.
Et le langage qu’il utilise pour cela, c’est celui du symbole.
Ce que le mental ne peut pas saisir
Un signe est un outil de repérage. Il désigne quelque chose de précis, de mesurable. Le feu rouge signifie : « arrête-toi ». Une icône de batterie rouge sur un portable signale que l’appareil va s’éteindre. Le mental adore les signes : ils sont clairs, fixes, immédiats, sans ambigüité.
Le symbole, lui, ne dit jamais une seule chose, et c’est pour cela que le mental ne peut pas le saisir.
Le symbole ouvre, relie, et il trouble parfois. Il ne cherche pas à imposer une réponse, mais à inviter au dialogue. Il ne livre pas un sens prédéfini, il fonctionne comme un miroir à facettes multiples : chacun y voit une image différente, selon ce qu’il est prêt à accueillir.
C’est pourquoi deux personnes, face à la même carte de Tarot, peuvent en tirer des messages différents — et pourtant justes, chacune à leur manière.

Le symbole relie ce qui semblait séparé
Le mot symbole vient du grec symbolon, qui signifie littéralement : « ce qui rassemble ». Dans la Grèce antique, un symbolon était un objet brisé en deux, dont chaque moitié était gardée par deux personnes. Lorsqu’elles se retrouvaient, elles pouvaient assembler les morceaux pour prouver leur lien. Le symbole, dans cette tradition, est ce qui réunit ce qui semblait séparé.
Le Tarot fonctionne exactement ainsi.
Chaque carte est un fragment d’un langage oublié qui reflète notre âme. Et lorsqu’on l’accueille avec attention, elle vient rencontrer une part de nous que nous avions peut-être mise de côté : un souvenir ancien, une vérité intérieure, une peur enfouie ou un désir profond. Le symbole agit comme un pont entre ces mondes. Il tisse des liens entre le conscient et l’inconscient, entre le visible et l’invisible, entre le moi et le Soi.
Un langage à ressentir plus qu'à comprendre
Lire le Tarot, ce n’est pas réciter des interprétations toutes faites. C’est se rendre disponible à un langage qui dépasse la logique ordinaire. C’est apprendre à écouter les images avec le cœur autant qu’avec l’intellect.
Quand tu tires une carte, la question n’est pas « Que veut-elle dire objectivement » ?
Mais plutôt : « Que réveille-t-elle en moi, ici et maintenant ? »
Cette qualité d’écoute, cette posture d’ouverture, est essentielle. C’est elle qui permet au symbole d’opérer une transformation subtile. Car un symbole, quand il est réellement reçu, ne nous laisse jamais intacts. Il vient toucher quelque chose de vivant en nous. Il agit comme une graine déposée dans la terre intérieure.

Accueillir la réponse au lieu de la forcer
Dans un tirage, surtout en auto-lecture, certaines cartes peuvent résister. Ne pas livrer leur message immédiatement, comme le voudrait le mental. C’est normal. Il ne faut pas les forcer. Comme un rêve que l’on ne comprend pas tout de suite, une carte peut demander du temps, du silence, de la patience.
Le symbole a son propre rythme. Il agit parfois à notre insu, dans l’arrière-plan de notre conscience. Et souvent, ce n’est que plus tard, en repensant à un tirage ou en vivant une expérience marquante, que son message se révèle.
Une invitation à ralentir et à ressentir
Alors la prochaine fois que tu poses une question au Tarot, essaye ceci :
Regarde les cartes sans chercher à les analyser. Observe ce que tu ressens dans ton corps. Quelle émotion monte ? Quelle mémoire s’éveille ? Quelle image intérieure s’invite ?
Le symbole est vivant. Il nous parle.
Pas avec des mots figés, mais avec un langage ancien et intime, celui que l’âme n’a jamais oublié.


Très bel article ✨
Merci beaucoup car j’avoue être perplexe avec cet apprentissage du Tarot par mot-clés. Il me semble que l’on y perd le substantifique du message, ai risque de passer à côté de l’essentiel. Mon 1er initiateur était Jodorowsky, et même si à présent je pratique avec le RWS mon approche est restée identique.
🙏❤️🦋